Miroir, mon beau miroir, dis-moi que tout est beau en Mauritanie !

Faire le bilan des deux premières années du général-président Ghazouani à la tête de l'État Mauritanien, ne pouvait qu'être un exercice difficile, j'en conviens volontiers. La conjoncture pandémique ne lui a pas été favorable, au moins pour qu'il puisse initier convenablement son ambitieux programme. Soit ! Est-ce pour autant normal, judicieux, de qualifier ce bilan d'exceptionnel à la télévision nationale ?

Pour ceux qui avaient encore un dernier espoir à confier au sort, cette situation de pandémie ne pouvait pas plus mal tomber, car elle légitime et excuse la perpétuation du statu quo si cher à nos dirigeants.


La fenêtre que nous apportait ce nouveau général en civil, c'était celle des possibilités, celle de la négociation, celle de l'entente nécessaire à la bonne gouvernance de ce pays et à sa protection. Ce que nous voyons pour le moment ne nous rassure pas et nous ne pouvons que renouveler nos appels à nos gouvernants.


La situation sécuritaire se dégrade et nous devons comprendre la véritable nature du danger auquel nous nous exposons. Les alliances changent sur le continent et particulièrement dans notre région. Ces changements que nous ne contrôlons pas, que nous ne commandons pas, ne nous éviteront pas, ne nous contourneront pas et c'est pour cela que nous devons les appréhender dans leur réalité crue et cynique.


Si nous regardons la situation d'un point de vue du nombre de soldats, de la quantité et de la qualité du matériel militaire, des technologies en présence et des capacités de ravitaillement, notre pays n'est qu'un grain de sable dans le désert. Les grands acteurs de notre région sont les seuls en mesure de pouvoir assumer une situation de guerre régionale. L'Algérie, le Maroc, l'Égypte et le Soudan. Seul l'Algérie dans ce peloton, conserve une pensée et une idéologie politique honorable. Cependant, dans l'hypothèse où la situation intérieure de l'Algérie le demanderait, il est possible que le gouvernement décide de ne pas s'engager au-delà de ses frontières.


La superficie de nos territoires peut représenter un bienfait, mais cela peut aussi constituer un terrible désavantage surtout lorsqu'on n’a aucun moyen pour surveiller les zones qu'on ne peut décemment pas couvrir du fait de leur étendue. Les mercenaires, djihadistes, terroristes, semblent parfaitement à l'aise dans leur déplacement sur le continent, sans que cela n'interpelle.


Nous avons des bases du terrorisme dans notre région, au Mali, en Libye, au Nigeria, au Tchad, etc. C'est une pénétration coloniale continentale qui se déroule sous nos yeux, dont l'inspiration première vient des pays du golfe, suivi de près dans leur entreprise de déstabilisation, par des anciennes puissances coloniales, européennes et ottomanes et les indétrônables USA.


La religion est un leurre, cette région est musulmane depuis des siècles et observe un modus vivendi avec les populations non musulmanes qui font partie intégrante de nos familles, de nos ethnies, de nos groupes sociaux au même titre que n'importe qui d'autre. Ce n'est donc pas un problème de religion, mais plutôt un projet d'expropriation et de redéfinition des frontières.


La religion, la race, les vieilles rancœurs séculaires, voici les armes avec lesquelles ils veulent nous chasser, nous contraindre, nous voler et nous tuer. Nous n'intéressons pas ces gens, ils veulent nos terres et nos richesses et se drapent d'une vertu qu'ils n'ont très certainement jamais connu et que nous ne pouvons que leur souhaiter de connaitre.


Nos dirigeants doivent comprendre que les divisions politiques et communautaires à l'œuvre dans nos pays, sont le ferment de la discorde et du chaos. Ils ont le devoir de réparer et de remettre de l'ordre dans nos systèmes qu'ils ont désorganisés à leur propre profit.


Ne manquez pas ce rendez-vous avec l'Histoire monsieur le Président de la République Islamique de Mauritanie.


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