Le G5 Sahel ou le quintette des mendiants.

Comment une institution, prétendument créée pour lutter contre le terrorisme dans la région du Sahel, passe son temps à mendier pour exister et faire son travail.

Le dernier sommet de l'Union Africaine (31 e) qui s'est déroulé à Nouakchott, a d'abord été précédé d'une attaque terroriste au Mali, au centre du pays dans la ville de Sévaré, visant le poste de commandement de la force conjointe du G5 Sahel.

Quel message les terroristes voulaient faire passer ?

Avant de parler des failles ou des dysfonctionnements sécuritaires, qui sont des faits indiscutables. Il serait pertinent de se demander, si cette attaque n'est pas un message adressé aux organisateurs du sommet de l'union africaine et membres du G5 Sahel, qui allaient se réunir le lendemain dans le pays limitrophe, qu'est la Mauritanie ?


Un visiteur de marque.

En sachant que le président Français Macron était attendu, comme invité de marque à ce sommet, cette question devient de plus en plus pressante. Ne perdons pas de vue que sur le terrain, les terroristes doivent affronter la présence de l'armée Française (opération serval) et qu'à ce titre, elle est perçue comme un ennemi. Ce message peut aussi bien s'adresser au commandant en chef des armées Françaises.


Un code facile à percer.

Indépendamment de l'identité du destinataire, le message arrive enrobé d'une vulgaire couche de provocation. La construction de la force conjointe du G5 Sahel est ciblée directement, de manière symbolique et réelle. Les responsables régionaux de cette force sont moqués, dans leur prétendue volonté de s'opposer aux terroristes. La France pour ce qui la concerne, est prévenue de ne pas retirer ses forces, au profit de cette organisation.


De la cendre au feu.

Une fois cet avertissement bien ancré dans nos esprits, nous allons analyser les réactions et commentaires, des présidents africains concernés par l'organisation du G5 Sahel, lors du sommet de l'union Africaine. Commençons par les propos du président du pays hôte, le général Mohamed Ould Abdel Aziz, au cours de son entretien à France 24.


Loin de vouloir atténuer l'incident, le président Mauritanien accentue l'importance du symbole, en insistant sur le fait que les terroristes ont touché le cœur du système de sécurité du G5 Sahel. Il pointe du doigt le contexte du sommet et accepte l'idée qu'un message leur a été envoyé par les terroristes, sans pour autant nous donner l'impression que des représailles sont à l'ordre du jour.


Il mentionne plusieurs failles, sans nous donner la chaîne de responsabilité et parle de les corriger dans l'optique de la pérennisation de cette force. La possibilité que l'existence du G5 Sahel soit menacée est implicite au discours du président Mauritanien.


L'échec du G5 Sahel ?

On a du mal à comprendre en regardant cette interview, que l'on puisse avoir la volonté politique suffisante, pour constituer une force militaire conjointe dans le but de coordonner les actions contre les groupes terroristes mais pas la volonté économique de dégager un plan de financement, qui aurait l'avantage de nous offrir une indépendance stratégique, par rapport à des acteurs internationaux, qui ont des relations plus qu'obscures avec des organisations terroristes internationales, dans d'autres zones de conflits.


Des pays souverains, qui engagent une initiative de sécurité régionale contre une menace terroriste internationale, doivent impérativement être en mesure de maîtriser le financement des soldes de leurs troupes, du ravitaillement et de la fiabilité de leurs équipements. Autrement, on est en droit de se demander, si la création de cette organisation n'est pas un moyen de procéder à de l'extorsion de fonds ?


Mettre en avant, comme le fait le président Mauritanien, la multiplicité des défis du quotidien à relever par les états africains, pour justifier de devoir recourir à de l'aide étrangère pour financer sa sécurité, est un autre aveu de l'indignité de nos dirigeants.


Savoir communiquer, c'est tout un art.


Si vous ajoutez à cela, un déficit de communication dans la transmission de l'argumentaire, censé vous servir à faire valoir l'interdépendance de la sécurité, en matière de terrorisme international, vous pouvez aboutir à l'effet inverse de ce que vous recherchiez au départ.


La stratégie du chantage mou et passif, laissant suggérer qu'une absence de financement du G5 Sahel, pourrait induire une invasion migratoire chargé en désespoir, en terreur et en haine, ne me semble pas correspondre à la lecture internationale, qui est faite du phénomène.

Encore moins à une option politique responsable et viable sur le moyen et le long terme. L'ampleur de la crise migratoire est telle, que le paysage politique occidental en est changé et qu'on peut à présent assister à des tiraillements radicaux, à l'intérieur des sociétés sur cette question.


L'écho restitue aussi les mensonges.


Ce qui ressort des déclarations de Moussa Faki Mahamat, président de la commission de l'union africaine, lors d'un autre entretien accordé à France 24 au cours du même sommet, c'est une mauvaise compréhension du problème par les partenaires Européens, qui n'ont selon lui plus le choix et doivent s’intéresser aux causes profondes de la crise migratoire.

Il parle aussi d'aborder le problème différemment, comme s'il n'y avait pas vraiment une véritable collaboration, entre les partenaires africains et européens.


On peut sentir que les exclus du système mondial se rebiffent, en refusant de souscrire à la narration occidentale, concernant les raisons qui sont à l'origine de ces graves difficultés et dénigrent les solutions que ces derniers veulent leur apporter.


Ils ont pour eux un argument magique et imparable, le sort de la Libye.

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