De la posture du mendiant.

Il y a des étapes dans la vie pour un peu tout. Avant de solliciter de l'aide par exemple, il est bien vu de tenter de s'en sortir par ses propres moyens. Quand on en arrive à finalement demander de l'aide, il est généralement de bon ton, d'avoir une idée de ce que l'on va en faire. Ce ne sera jamais comparable à l'humiliation de la main permanemment tendue. Les danses du ventre, les contorsions langagières, les nuques courbées, peuvent représenter la culture d'un groupe de désespérés, d'un clan hétéroclite, d'une communauté victimisée à un instant "T" de leur parcours existentiel, mais en aucun cas cela ne peut être la culture d'un peuple ou d'une nation.

J'ai accepté le fait que je ne comprendrais jamais comment réfléchissent nos dirigeants, tout simplement parce que je suis incapable de penser comme eux, à court terme ou à brève échéance.


Nos dirigeants sont des mortels et ils vivent ce sursis comme une course individuelle, dont le but est de faire impression sur les autres, de s'empiffrer le plus possible, d'accumuler les richesses et de jouir de la vie en toute circonstance.


Ce n'est pas des hommes d'états, ce n'est pas de grands hommes (militaires ou intellectuels), ce n'est pas des visionnaires, ce n'est pas des pragmatiques, ce n'est pas des idéologues, ce n'est pas des hommes d'affaires, ce n'est malheureusement pour nous que des imposteurs.


Aziz voulait vendre une île à des Qataris, Ghazouani offre par décret un terrain à Nouakchott-Ouest à son excellence Ghanem Al Kuwari, homme d'affaire de son état, ancien officiel du gouvernement Qatari, militaire et président de la " Investment Holding Group".


C'est le profil dont rêve nos dirigeants.


Je ne serais pas si amère à propos de cet investissement étranger dans notre pays, si je savais que la même déférence aurait été de mise pour nos investisseurs nationaux. Pas les quelques investisseurs qui sont en fait des partenaires dans le détournement de nos deniers publics, les banquiers et autres pseudos hommes d'affaires de la place. Je parle des citoyens Mauritaniens, qui sont tous des investisseurs potentiels.


Pourquoi ne sommes-nous pas sollicités pour des projets qui nous concernent ?


Parce qu'il est plus difficile de se débarrasser des citoyens de son pays en faisant juste un appel à annuler une dette ou à la faire courir indéfiniment. Nos dirigeants préfèrent de loin, accepter de l'argent de l'étranger pour ensuite faire reposer cette dette sur nos épaules, en prétendant par-dessus le marché avoir voulu nous développer.

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