Avec un peu de recul.

Dernière mise à jour : 22 août 2021

Les dernières élections présidentielles en Mauritanie, ont eu le mérite de nous préciser le poids et la nature des forces politiques dans le pays. Le travail de sape effectué pendant 40 ans par le régime militaire contre l'unité nationale, a fait son œuvre au sein des populations. L'opposition historique que nous pouvons situer à "gauche" de l'échiquier politique, s'est vu marginalisée au profit des communautarismes. Les Mauritaniens en âge de voter, ont pour leur part manifesté une grande immaturité face aux véritables enjeux auxquels le pays est confronté.

Une énorme concession pour fragiliser le pouvoir exécutif ?

Les militaires au pouvoir en Mauritanie ont trop souvent menti au peuple Mauritanien et n'ont jamais reculé devant la triche. Pourquoi est-ce que cela changerait maintenant ?

Il me paraît évident, que l'ancien général président Aziz a voulu laisser son successeur dans une situation inconfortable. Pour cela, il a laissé s'exprimer les suffrages du peuple Mauritanien, qui contre toute attente semble s'accommoder de la présence des militaires au pouvoir.


En donnant une idée aux populations de la répartition réelle des forces politiques de ce pays, l'ancien président a voulu faire peur à la majorité des Mauritaniens. La division des forces politiques en communautarismes régionaux et ethniques, permet des combinaisons et des alliances, qui vont à l'encontre de l'esprit et de la lettre de notre constitution. C'est à dessein que ces apprentis sorciers de la politique médiocratique, ont entrepris de nous exposer à une triste réalité dont ils sont les ingénieurs en chef.


Isoler les Mauritaniens les uns des autres et les monter les uns contre les autres, voilà tout l'art politique de nos militaires. Ils n'ont pas besoin de nous convaincre, il leur suffit de nous manipuler. Ils n'ont pas besoin de nous séduire, il leur suffit de dévier notre amertume à leur égard en détestation intercommunautaire et le tour est joué.


L'immaturité politique de notre jeunesse est égale à la frustration qu'ils ressentent face au sacrifice de leur destin par un pouvoir inique. Cette frustration compréhensible n'excuse pas pour autant la bêtise et le manque de clairvoyance dont ils ont fait preuve. Pour lutter ou résister, il faut avoir un minimum de stratégie et des objectifs bien définis. La généralisation, l'essentialisation, le racisme et l'intolérance ne remplaceront jamais la stabilité, la sécurité, le dialogue et l'ouverture. C'est une bataille perdue d'avance et personne n'y gagnera rien.


S'élever par la connaissance et le savoir, par la discussion et le débat, voilà la voie du recouvrement de notre unité nationale. Il n'y a pas d'autre choix que de changer nos mentalités ou la violence prendra le pas sur l'indifférence. Il faut se respecter et avoir un minimum d'empathie et cesser de croire que chaque personne que vous croisez est le représentant officiel de sa communauté et le prendre à parti. Il faut grandir et évoluer et arrêter de se prendre pour une victime.


Un peu de dignité et de panache !

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