Attendre est un luxe pour les immortels ou ceux qui croient en la réincarnation.

Dernière mise à jour : 21 juil.

Nous volons du temps, du souffle de vie, de l’espoir, de la justice, de la solidarité à nos compatriotes, quand nous acceptons d’attendre indéfiniment, que nos ersatz de dirigeants prennent leurs responsabilités.

C’est un crime que nous commettons contre des femmes, des enfants et des vieillards, contre des familles entières en vérité. Ces gens ne sont pas de simples compatriotes ou des vulgaires cohabitants. Ce sont nos frères et nos sœurs, les garants de notre pérennité civilisationnelle.


Sans eux, nous ne sommes rien, nous n’existons pas.

Pendant que nous regardons dans la direction d’un pouvoir temporel, dont le ridicule et l’inanité ne nécessite pas qu’on s’épanche plus avant sur le sujet. Nous négligeons ceux qui nous sont les plus proches, qui partagent avec nous l’humilité de la masse. Nous ne voulons pas voir ce que notre âme nous suggère pourtant avec impatience et impertinence.


Ce qu’elle nous dit est toutefois d’une simplicité confondante, si nous avons troqué notre liberté de nomades pour faire société, ce n’est certainement pas pour vivre comme des individualistes triomphants dans un royaume de misérables. Ce n’est assurément pas pour se faire malmener par nos propres militaires, qui prétendent savoir gérer un grand pays comme la Mauritanie, quand on voit l’état déplorable dans lequel se trouve l'armée.


Je ne comprends pas ce qui peut empêcher des Mauritaniens qui mangent à leur faim, ont un emploi, une intelligence, de tout mettre en œuvre pour aider leurs concitoyens les plus vulnérables. Pour changer la dynamique politique de notre patrie, afin de nous donner, à tous, une chance de faire de ce pays autre chose que ce qu’il est depuis 40 ans.


C’est pour cette raison que je ne cesserais jamais d’écrire pour les Mauritaniens. Tant que nous n’aurons pas atteint collectivement ce stade de raisonnement, je continuerais d’écrire si Dieu me le permet et aussi longtemps qu’il me prêtera vie.


Parce que c’est la seule chose que je sache vraiment faire de toute mon âme.

Nous avons des dirigeants qui sont en deçà de toutes les réalités humaines qui devraient les préoccuper. Ils n’ont que faire des Mauritaniens. Ils pensent vivre dans un monde, qu’eux et quelques autres sur la planète, sont les seuls capables d’appréhender.


En vérité, ils ne sont même pas des laquais ou des valets dans ce monde, ce sont des gardiens, des matons. Des gens à qui on demande de se charger d’une population et d’un territoire. Ils n’appartiennent intrinsèquement qu’au monde des menteurs, des voleurs, des hypocrites, des lâches et des exploiteurs.


C’est ainsi. J’aimerais qu’il en fût autrement, croyez-le bien.

Une fois que l’on sait cela, il est important d’accepter qu’utiliser des règles d’engagement honnête avec de telles personnes ne sert à rien. Il est impossible de faire entendre raison à quelqu’un qui pense sa position inattaquable.


La première mission devrait être de rendre cette position vulnérable.


Et les moyens pacifiques pour ce faire ne manque pas. Pour réussir néanmoins, il faudra unir une majorité de Mauritaniens. Car l’une des convictions, l’une des certitudes inébranlables de nos dirigeants, c’est que nous ne pouvons pas faire front ensemble contre eux.


Cette certitude une fois mise à mal, nous pourrons passer à la lutte proprement dite.

Notre responsabilité première doit-être envers nos concitoyens, c’est donc avec eux que nous devons communiquer en priorité.


Il ne faut pas se limiter à expliquer comment reprendre le pouvoir politique en Mauritanie.


Il est primordial de révéler comment la Mauritanie va s’intégrer dans un autre paradigme régional, continental et mondial.


Nous devons avoir une vision d’ensemble, pour dégager un horizon à atteindre.


Une fois ce tableau fixé dans nos rétines collectives, il est plus aisé de convenir de la marche à suivre en ce qui concerne le traitement des affaires courantes, dévolues à un état.


Mon inclination première a toujours été d’essayer de composer avec la réalité, ce qui est une forme de pragmatisme, mais aussi de lâcheté.


J’en conviens aujourd’hui devant vous. Agir autrement m’a toujours semblé comme un appel au crime.


Je me rends compte, cependant, que mon attentisme en la matière me rend aussi complice de tout ce qui se passe dans mon pays.


La pauvreté crasse, les enfants dans la rue, les vieillards qui n’auront jamais de retraite, les discriminations, les inégalités, les injustices, l’ignorance savamment cultivée.


De tout ceci, je me sens responsable. Car quand Dieu vous permet de naître avec certaines facilités, ce n’est certes pas pour vous endormir sur vos lauriers ou ne penser qu’à vous et aux vôtres.


C’est pour redonner une part de ce que vous avez reçu à ceux qui vous entourent et qui n’ont rien ou si peu.


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